L’histoire de la Petite Fève est récente. En 2015, sur 2 ha d’un terrain que vient de racheter la Métropole qui le lui loue, Clara installe sa ferme maraîchère. Le sol sablo-limonneux est épuisé, sans herbe ni ver, et l’entreprise s’annonce ardue. Aujourd’hui, avec Besnik son associé dans ce qui est devenu un GAEC, la vie est revenue. Et produit.
Choux, cèleris, épinards, pois, salades, tomates, aubergines… Quarante espèces de légumes, déclinés en cent-cinquante variétés, ont maintenant investi cette surface en bord de Loire. Dehors, comme sous les 3500 m2 de serres, l’équipe travaille désormais une terre en grande partie réhabilitée. L’équipe ? Aux efforts de Clara et Besnik s’ajoutent, en effet, ceux de deux apprentis et, ponctuellement, de stagiaires du lycée agricole de Fondettes.
Un légume, c’est déjà une lueur de désir dans les yeux du maraîcher qui, dès lors, planifie et organise les cultures. Viennent ensuite les commandes de plants et graines, la réalisation des semis, la préparation des sols, les plantations… Jusqu’à la récolte, la route est longue. Deux tracteurs et quelques autres machines aident à la manœuvre. Mais la météo, dont dépend l’incontournable température du sol, peut ruiner tous les efforts. Canicule, pluie insuffisante ou excessive… l’adaptation pragmatique, par le choix des plants et graines ou des lieux de culture, ne suffit pas toujours. L’année 2024 s’est ainsi conclue par 20 OOO euros de pertes.
Les associés se sont répartis les tâches. Clara planifie, commande, récolte et vend. Besnik prépare les sols, taille et répare. Leur engagement permet de produire soixante tonnes de légumes par an et d’en dégager, en temps normal, un smic pour chacun. L’activité tient également aux choix militants de l’entreprise. Employer apprentis et stagiaires, si cela constitue une main d’œuvre moins coûteuse, demande patience et pédagogie, envie de transmettre et compétence pour le faire.
Les options commerciales posées disent elles-aussi quelles valeurs soutiennent le projet. La Petite Fève, qui fonctionne en vente directe (voir détails sous la photo), alimente les trois Amap de La Riche, Saint-Cyr et Fondettes, sous-traite ponctuellement à des collègues, et s’est investie dans la distribution de paniers solidaires. Ainsi, avec la Ligue de l’Enseignement – pour une quarantaine de paniers tous les quinze jours – et l’Université – pour une quinzaine de paniers aux étudiants – Clara coordonne et organise la confection et la distribution de ces paniers de légumes à prix réduit.
Energivores et chronophages, ces options ont toutefois l’avantage de donner un débouché plus stable à la production, sécurisant en cela l’activité. Mais Clara, élue en janvier dernier à la chambre d’agriculture dans le cadre du syndicat de la Confédération Paysanne, voit au-delà de sa propre initiative. Le département manque de maraîchers : travailler à simplifier les démarches et élaborer des schémas alternatifs moins précaires, peut aider à construire un modèle agricole complémentaire.

Pour rattraper un peu les pertes de 2024, La Petite Fève s’est lancée dans la transformation de ses surplus, lorsqu’il y en a. Deux tonnes de produits ont ainsi été valorisés par la conserverie avec laquelle la ferme a passé contrat. Les produits sont ensuite vendus dans les marchés sur site.

La Petite Fève a aménagé un lieu de vente sur place, 15 rue de Vallières à Fondettes. Il est possible d’y acheter des légumes et autres produits au détail le mercredi de 9h à 12h et de 17h à 19h, et le samedi de 9h à12h.
