$
La Riche en bio > Revue de presse > Le bio > Bio : les Tourangeaux espèrent des prix à la baisse

Bio : les Tourangeaux espèrent des prix à la baisse

Un argument revient constamment pour justifier la faible consommation de produits bio (2 % des ventes alimentaires) : le coût. Entre l’offre et la demande en produits bio à Tours,

article écrit par La Tribune de Tours  (utilisation autorisée pour ce site par le journal)

Entre l’offre et la demande en produits bio à tours, il y a de la marge. si des efforts sont faits pour augmenter l’offre, la demande semble stagner. un argument revient constamment pour justifier la faible consommation de produits bio (2 % des ventes alimentaires en France selon l’uFC-Que choisir) : le coût. Actuellement, l’offre est bien couverte en Indre-et-Loire en termes de produits bio avec de nombreux magasins spécialisés, et des rayons de plus en plus important dans les grandes surfaces. De gros efforts sont faits », félicite Myriam Le Souef, présidente de l’UFC-Que choisir (Union fédérale des consommateurs) d’Indre-et-Loire. L’Union de consommateurs a réalisé une étude auprès de huit grandes enseignes du département, à la fin de l’année 2009. Leur conclusion, rendue en février dernier, adresse un bon point à Leclerc, (environ 10 % moins cher que la moyenne nationale sur le prix des produits AB), suivi de Super U, Salut terre (Biocoop), Auchan, Simply Market. Le mauvais élève étant Carrefour Market. Un bémol cependant pour l’UFC-37: « Le coût des produits bio reste important. C’est presque un produit de luxe. » Selon l’enquête, au niveau français, le panier bio coûte en moyenne 22 % plus cher que le même panier composé de produits de marque nationale et 57 % plus cher qu’un panier équivalent de marques de distributeurs classiques. Les enseignes de l’Indre-et-Loire ne dérogent pas à la règle puisqu’elles ne se situent que très légèrement en dessous de la moyenne nationale.

C’est un fait, les produits estampillés AB sont plus chers. « Mais il faut comparer ce qui est comparable », indique Jean-Claude Cheramy, directeur de Coop nature. « Les produits sont meilleurs et ils se conservent plus longtemps que les produits classiques. De plus, quand on consomme bio, on consomme autrement. Je ne vois pas de différences dans mon budget », témoigne Bernadette Figarol, fidèle consommatrice de paniers bio de Biotope. « Payer plus cher, c’est aussi payer la qualité. Les consommateurs doutent de la qualité quand les prix sont trop bas », renchérit Christophe Fertre, gérant de la coopérative Biocoop de Tours. A court ou long terme, des solutions pour pallier au coût sont invoquées. « Il faut qu’il y ait plus de consommateurs de bio, qu’il soit vulgarisé et là, les prix pourront devenir plus abordables », prévoit Myriam Le Souef. Elle justifie également le coût : « Les rendements des producteurs de bio sont plus faibles car les engrais organiques sont moins actifs que les engrais chimiques. Et le circuit de distributions est plus cher car il y a moins de produits à acheminer ». De plus, quand l’agriculteur décide de passer au bio, il doit mettre son exploitation en veilleuse, au moins deux ou trois ans, le temps que sa terre se débarrasse des pesticides et des engrais. C’est aussi à lui de payer une partie de la certification et les contrôles pour pouvoir prétendre au logo AB. Pour Jean-Claude Cheramy : « On peut opter pour le bio sans que ça coûte forcement plus cher. Le tout est de trouver un nouvel équilibre alimentaire en préférant les céréales, diminuer les produits laitiers et les protéines animales : on n’est pas obligé de consommer de la viande tous les jours. Sur un mois, le consommateur verra la différence. » Biocoop, de son côté, offre une autre solution : « Nous avons un rayon de produits « en vrac », près de 75 références : les consommateurs viennent avec leur récipient et prennent le poids qu’ils veulent. Ce système nous permet de baisser les prix et c’est plus écologique. »

Les objets insolites bio à découvrir au salon Fougère

Lait de jument bio ou gourdes fabriquées à partir de courges, divers vêtements ou cosmétiques bio… Curieux et convaincus de la filière écolo trouveront de tout au 7e salon bio et environnement. samedi 25 et dimanche 26 septembre, au parc des expositions de tours, 250 exposants régionaux et nationaux vous feront découvrir toutes les curiosités de la filière bio. Petite devinette pour commencer : que peut-on faire avec du lait du jument bio ? Du fromage, des cosmétiques ou une cure thérapeutique ? Les trois réponses sont bonnes et Jean-Yves Gaget, nouvel exposant de cette 7e édition du salon Fougère, le prouvera les 25 et 26 septembre. Agrobiologiste, venu tout droit de Bourgogne, il a décidé de faire, du lait de juments bio, l’ingrédient secret de ses cosmétiques : savon, crèmes de soin, lait de toilette,… Il s’en sert aussi pour concocter des recettes de cures thérapeutiques. Le lait de jument soignerait de nombreuses douleurs comme les rhumatismes. Il sera dans le secteur « Forme, santé, beauté » (Plus d’infos : www.laiterie-du-haras.fr). A ses côtés, un exposant proposera un produit peu répandu en France : de la spiruline, une sorte d’algue bleue très riche en protéines. Pierre Jaubert, fondateur de la société « Speeduline – PJ natura », explique : « Entraîneur de snowboard pendant de nombreuses années, j’ai ainsi découvert la spiruline et ses qualités nutritionnelles. D’abord, je me suis particulièrement spécialisé dans le domaine sportif. Puis, j’ai expérimenté tous les bienfaits de la spiruline sur la santé et la prévention des maladies ». En plus de la spiruline française, il proposera du goji, des chocolats diabétiques, xylitol, fèves cacao, gingembres rouges, cosmétiques bio dont il vous expliquera les vertus (pj.natura.free.fr). Dans le domaine du gustatif toujours, « Sud bio » offrira une dégustation d’une nourriture bio venue d’ailleurs. Greg Rafiian, de l’Hérault, va concocter des spécialités irano-libanaise bio. Au menu : assiettes de mezzés libanais et son poulet à la grenade iranien. On change de décor pour sillonner les allées du pôle Artisanat et Habitat pour rencontrer Christophe Lorenzoni, fondateur de l’entreprise niçoise « 225 Litres ». Déjà présent l’année précédente, il avait fait sensation en montrant ses créations au public, véritables oeuvres d’art. Pourtant, la matière n’est pas la plus prestigieuse. C’est à partir de barriques que l’homme fabrique du mobilier de maison (chaises, tables, hamacs,…) ou ce qu’il appelle des « Ti zobjets » comme des bougeoirs ou des appliques murales (site : www.225litres.com). Tout aussi original, on trouvera « La case à gourdes », entreprise de David Thille, Yvelinois. C’est avec des courges qu’il fabrique les objets qu’il va exposer : lampes, photophores, vases, cache pots, louches, passoires, rideaux, suspensions plantes,… mais aussi des gourdes. Cet art, il le pratique et l’apprend aussi à travers des ateliers pour adultes. Il décore également les événements culturels comme les festivals et des restaurants (www.casagourdes.com). Voilà un artisans jamais à courges d’idées. Pour finir notre tour des objets insolites du salon Fougère, petit détour par le secteur « Livres, revues, jeux et Internet » où se trouvera Thomas Blanchard et ses « Trucs en bois ». Un nom bien trouvé pour cette entreprise calvadosienne qui fabrique des jeux de construction en bois avec des engrenages exclusifs et fabriqués avec du bois de hêtre non traité et pur Normand. Chaque année, le salon Fougère renouvelle ses exposants pour révéler les nouveautés de la filière bio. Alors, à quand les Shit box (ou toilette portable) de Richard Wharton, objet très insolite en vogue chez les écolos.

Christophe Rossignol : « La fillière bio progresse trop lentement »

Côté ambitions, la région Centre et plus particulièrement la Ville de tours, ne sont pas en mal pour soutenir la filière biologique. mais les actions concrètes semblent en perte de vitesse. Christophe rossignol, conseiller régional du Centre (europe écologie), élu sur la touraine, critique la progression lente de la mise au bio.

Avec seulement 0,9% des surfaces cultivées en Agriculture Biologique contre 2,1% à l’échelle nationale, la région Centre semble avoir un grand nombre de démarches à réaliser pour atteindre les objectifs du plan Barnier (6% de SAU en 2012). Croyez-vous que ces objectifs pourraient-être atteints ? En région, ça a progressé de 20 % en 2009 mais on est loin de ce qui devrait être fait. Il y a des problèmes pour répondre à la demande des consommateurs, de plus en plus sensibles au bio. Alors, on importe. Ce qui n’est pas bio du tout. Quant à la ville de Tours, Régine Charvet-Pello (conseillière municipale en charge des écoles) ne met pas assez d’énergie pour développer le bio. Le projet de fournir des repas bio dans les restaurants scolaires – « 100 % bio » – est dans les tiroirs depuis beaucoup trop longtemps. Aujourd’hui, seule la farine est bio. La municipalité ne semble pas comprendre que cela favorisera la création d’emplois. Et des emplois non-délocalisables. Ce que l’on déplore aussi c’est la disparition des terres agricoles. Il y a une tentation de la part des élus qui veulent tout bétonner au détriment de l’agriculture (projet de contournement autoroutier de Tours vers Amboise). Quels sont les projets de la région pour aller dans le sens du bio ? Elle développe une véritable politique volontariste notamment avec le lancement, dans quelques semaines, de la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) dans laquelle s’associeront les collectivités locales, producteurs, transformateurs, un distributeur. Les producteurs et transformateurs adhérents à la coopérative alimenteront ainsi en produits AB et régionaux diverses restaurations collectives. C’est le principe du circuit court : en rapprochant le producteur du consommateur, tout le monde y gagne. Certains agriculteurs ne veulent pas produire du bio parce que cela coûterait cher à leur exploitation. Il ya- t-il des solutions ? En 2009, la Région a décidé de prendre en charge une partie du coût de la certification des agriculteurs biologiques. Plus de 700 000 € leurs ont été consacrés, en partenariat avec Bio Centre. Et l’aide tient toujours en 2010. Le coût est-il un bon argument pour refuser de se mettre au bio ? C’est sûr, le prix bloque. Le bio est 15 % plus cher. Pour l’instant. Il va falloir attendre que la production du bio augmente pour voir baisser les prix. Mais il faut aussi prendre en compte les qualités nutritives des aliments bio, notamment pour éviter la prise de poids. Quand on va dans un bon restaurant, on ne s’indigne pas de payer plus cher qu’à Mac Do. Le bio, c’est bon pour l’environnement, bon pour la santé. On sait aujourd’hui, au travers de nombreuses études, que l’épidémie du cancer est liée à l’absorption des pesticides que l’on trouve sur les aliments qui ne sont pas labellisés bio. Il y a aussi une logique économique et c’est bon pour l’emploi. Pourtant, les politiques mettent un frein au développement de la filière bio. C’est assez extraordinaire.

Propos recueillis par Alexia MELLIER

Leave a Reply

Copyright © 2009 La Riche en bio. All rights reserved.
Designed by Theme Junkie. Powered by WordPress.